Le Potentiel économique de la Tunisie

►30 Minutes| Amor GZOUNI

L’économie en Tunisie, situation actuelle et perspectives

Amor Gzouni Consultant

La première Conférence Internationale sur l’Investissement en Tunisie, TUNISIA 2020, a réuni des investisseurs et partenaires économiques de la Tunisie en présence des principaux décideurs politiques, les 29 et 30 novembre 2016 à Tunis. Cette conférence s’inscrit dans la nouvelle stratégie de développement économique et de relance de l’investissement privé en Tunisie du Plan de Développement 2016-2020.

En effet, TUNISIA 2020 ce sont plus de 50 projets d’investissements publics, privés et en PPP, pour un montant global de 60 milliards de dollars qui serait présenté, suivant quatre axes stratégiques :

1.Transition d’une économie à faible coût à un hub économique
2.Concrétisation des ambitions des régions
3.Développement humain et inclusion sociale
4.L’Economie verte, pilier d’un développement durable

Contexte actuel :

Un déficit budgétaire qui s’alourdit, conduisant à la baisse de la note souveraine de la Tunisie par Standard and Poors. Une dette tunisienne qui bien que soutenable sur le moyen terme, selon le FMI, l’est peu à court terme, ce qui freinerait la relance budgétaire. Des disparités régionales entre les régions côtières et intérieures, avec un taux de pauvreté sept fois plus élevé au Centre-Ouest et 13 fois plus élevé au Sud-Ouest ; malgré les chiffres fournis par l’INS déclarant un taux de pauvreté en baisse, un indicateur cachant des variations régionales significatives. Un chômage endémique, qualifié de tel par la Banque Mondiale, avec un taux  atteignant les 16,7 % au dernier trimestre 2012, dont 28,2% de femmes, premières victimes du ralentissement économique, contre 15,4 % chez les hommes, avec un fossé qui existe entre les compétences ( en fonction de la capacité d’accueil des universités plutôt que des marchés ) et la demande de ces derniers.

Mieux vaut tard que jamais ?

Un grand nombre des observateurs et économistes estime que la Tunisie dispose, malgré tout, d’atouts majeurs tels qu’une population jeune et éduquée et un niveau de vie proche des pays de l’OCDE. Plusieurs secteurs possèdent un potentiel important pour la relance économique comme les TIC (avec un des taux de pénétration internet des plus élevés), les Télécom (e-learning, cloud computing…), la Finance ou encore l’Energie, à condition d’établir des institutions pluralistes et compétitives émanant d’une prise de conscience : l’Etat au service de l’intérêt général, un Etat de droit garant de la cohésion sociale. Ainsi apparaît-t-il que la signature de différents accords d’échanges (assurant un cadre juridique) serait vaine si les politiques ne trouvent pas une  vraie plateforme de développement.

AXES DE PROGRES

Dans le but de rendre la création d’entreprise plus facile et moins coûteuse, il faudrait réévaluer la pertinence des incitations fiscales, sinon les réformer. Il faudrait notamment, créer des projets d’infrastructures pour intégrer les logistiques et désenclaver les régions (faire de la Tunisie le hub de la logistique) et améliorer les secteurs déjà fortement créateurs d’emplois, comme le tourisme (11% du PIB), jusque là mono-produit, en diversifiant et en montant en gamme, l’industrie agroalimentaire, les énergies renouvelables etc…

L’industrie peut bénéficier des richesses minières et agricoles du pays

Si les ressources énergétiques de la Tunisie (tant en production hydro-électrique qu’en potentiel pétrolier) n’apparaissent pas telles que ce pays puisse, avant longtemps, se passer d’importations massives. Les responsables de l’économie tunisienne, connaissant la relative faiblesse du potentiel énergétique, sachent en tenir compte et s’abstenir d’établir des plans d’industrialisation plus proches du mirage que de la froide réalité. Mais, dès que cette réserve préliminaire qui n’échappe nullement aux dirigeants de la République tunisienne soit émise, il reste que la part qui peut être faite, dans l’économie de ce pays, au secteur industriel, existant et potentiel, demeure considérable et suffit à justifier un optimisme raisonné. A partir de ce qui existe, un notable effort de développement peut être entrepris, qui ne suffira pas dans tous les domaines à satisfaire la totalité des besoins locaux, mais contribuera cependant en priorité à l’élévation du niveau de vie ; qui ne suffira pas davantage à dispenser la Tunisie de recourir à l’aide extérieure.

Le Littoral Tunisien

La plupart des développements côtiers réalisés en Méditerranée ne tient pas compte de l’impact sur le long terme. Plus de 50% de la population des pays méditerranéens est concentrée sur le littoral, la région draine plus de 30% du tourisme mondial et la tendance est à la hausse pour les prochaines années. Les pressions exercées par les activités humaines engendrent des dommages considérables pour les écosystèmes et les paysages côtiers.

Pays méditerranéen à orientation maritime, la Tunisie s’est fixé comme objectif de répondre aux exigences d’une gestion durable de ses zones côtières qui, sur une longueur de 1400 km, hébergent 64% de la population totale et concentrent la plupart des activités économiques du pays. 

La gestion intégrée des zones côtières (GIZC) est un dispositif souple et adaptable appliqué à la sauvegarde des ressources du littoral, à la fois quantitative et qualitative. Il peut ainsi satisfaire aux besoins actuels et garantir aux générations futures des activités économiques et environnementales durables.

Le littoral tunisien présente plusieurs paysages bien différenciés:

  • les plages sablonneuses qui occupent environ 575 km, constituent le paysage le plus présent sur les côtes tunisiennes et abritent la majeure partie de la population, pour l’essentiel dans les baies et golfes de la façade orientale du pays;
  • les côtes à falaises d’environ 400 km, que l’on retrouve principalement sur la façade nord et à l’est des principaux caps;
  • le littoral à dunes sablonneuses, recouvertes d’un boisement forestier (Zoueraa, Bizerte, Gammarth, Medfoun, Ghedhabna);
  • les zones humides.

On distingue du nord au sud les zones suivantes:

  • la côte nord, depuis la frontière algérienne jusqu’à Bizerte : étroite, rocheuse et escarpée, elle s’ouvre sur une mer profonde. Le rivage est marqué par la turbulence des eaux marines mais aussi par la fréquence et la violence des vents et des vagues, qui affaiblissent et éclatent les falaises;
  • le golfe de Tunis, de Bizerte à El Haouaria : il constitue un territoire faunistique particulier. Les invasions marines, dans les parties basses de la côte, ont formé de grands lacs et des golfes entourés de promontoires rocheux abritant de nombreuses plages. La pression liée à l’urbanisation et au développement touristique est très forte dans cette partie du littoral;
  • le golfe de Hammamet, d’El Haouaria à Chebba : il est marqué par l’extension de plages sablonneuses, entrecoupées par quelques pointes rocheuses. C’est la première zone touristique du pays;
  • le golfe de Gabès, de Chebba à la frontière libyenne : il présente un plateau continental très étendu et peu profond. Il se distingue par une marée semi-diurne d’une amplitude relativement appréciable, de l’ordre de 2,40 mètres en vives-eaux. La posidonie y prospère, notamment le long des côtes et de l’île Kerkennah et constitue un vivier pour une faune marine très variée.

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