Paris: L’association des Avocats Franco-Tunisiens Organise un Colloque sur L’égalité hommes-femmes

L'association des Avocats Franco-Tunisiens

L’association des avocats franco-tunisiens a organisé le lundi 17 décembre, à la Maison du Barreau un colloque intitulé “Réformer le droit successoral en Tunisie : quelles perspectives pour l’égalité hommes-femmes dans la région euro-méditerranéenne ?”, avec la présence de Ghazi Gherairi, Délégué permanent de la République tunisienne à l’UNESCO, Secrétaire général de l’Académie internationale du droit constitutionnel, Maître Bochra Belhaj Hmida, co-fondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates et présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), Monsieur Youssef Seddik, philosophe, anthropologue et islamologue, Tareq Oubrou essayiste et imam et beaucoup d’autres.

►30Minutes| Fathi Ghedas

En effet, depuis l’annonce du président de la république Béji Caïd Essebsi lors de la fête de la femme à mettre en place une loi régissant l’égalité dans l’héritage, ces propos ont été interprétés avec plusieurs façons, certaines personnes sont pour, d’autres sont contre sous prétexte que c’est contre les textes religieux … Lors de cet événement on a rencontré Mme Bochra Belhaj Hmida qui est parmi les premiers à soutenir les libertés individuelles et  l’égalité.

“Parfois il y a des questions qui dérangent, certainement la question de l’héritage dérange car elle ne touche pas seulement la conviction religieuse, une certaine lecture de la religion mais aussi il s’agit d’intérêt économique et financier, c’est ça le nœud de l’histoire, être privée d’un privilège qui a été longtemps garanti pour les hommes,  c’est pas évident … autrement dit cette initiative ne vient pas à l’encontre de la constitution, la 2ème république, et aussi les principes et les valeurs de la 1ère république.”

Pour elle, la Tunisie a pu faire un changement au niveau des droits de la femme, le mouvement des réformes ne s’est jamais arrêté en Tunisie depuis la création du code statut personnel jusqu’à maintenant, la société est intégrée et elle revendique plus de droits à chaque fois “c’est son chemin historique et identitaire”.

De sa part, Samia Maktouf présidente de l’Association des Avocats Franco-Tunisiens, avocat aux Barreaux de Paris et de Tunisie, et conseil auprès de la Cour pénale internationale, nous a indiqué que le colloque a été organisé non seulement pour favoriser l’égalité en héritage, mais aussi un moyen de provoquer le dialogue, d’entendre l’autre et de ne pas se renfermer dans une position unique, “la société tunisienne est mûrie non seulement par l’évolution sociétaire qu’elle mène, mais aussi par la promulgation de loi, la loi pour l’émancipation de la femme et le code de statut personnel a été voté depuis 1956, vous avez deux générations maintenant, c’est encré dans L’ADN de la femme tunisienne, ça ne peut que continuer pour que cette égalité soit belle et bien une vérité, une réalité, et quelque chose de palpable et de concret” dit-elle.

Pour l’essayiste et imam Tareq Oubrou, le dialogue de l’égalité en héritage est légitime qui n’est pas contre le Coran puisque ses textes évoquent la justice et l’égalité. “le temps a changé et le rôle de la femme au sein de la société est devenu pertinent, elle mérite ses droits, tout à fait comme l’homme”.

 

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