La Tunisie au bord de la faillite énergétique

Sous l’impulsion de la fondation de la Maison de Tunisie et l’Association des Chercheurs et Enseignants Tunisiens En France (ACETEF), et sur le thème « Plan solaire tunisien : opportunités et défis », s’est tenue une conférence à Paris, jeudi 11 janvier 2017. Avec Chiheb Bouden, professeur à l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tunis et ancien Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, comme conférencier, la rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs chercheurs, docteurs et professeurs du secteur énergétique.

►30 Minutes| Amine Lahiba

Sensibiliser les Tunisiens et les inciter à consommer et à produire de l’énergie solaire ont été les points principaux de cette rencontre orchestrée par l’ancien Ministre Chiheb Bouden. Une heure d’exposé et d’explications précises a suffi à comprendre l’ampleur de l’enjeu des énergies renouvelables dans un pays en manque d’alternatives énergétiques. En effet, faiblement lotie en énergies fossiles, la Tunisie commence à promouvoir une intégration progressive des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Le gouvernement ambitionne aujourd’hui de faire augmenter la part du renouvelable pour atteindre les 30% de la production d’électricité à l’horizon 2030.

Malgré un « Plan solaire » défini et approuvé, qui nécessitera tout de même un financement à hauteur de 5,5 mds€ en investissements publics et privés, et un important potentiel éolien,  le monopole de la STEG risque de compliquer la tâche.

L’amertume est d’autant plus grande que le pays bénéficie d’un ensoleillement entre 3000 et 3500 h/an d’une intensité comprise entre 1800 et 2600 kWh/m²/an. Quant à l’éolien, le pays possède plus de 8 GW sur une surface exploitable de 1600 km².

Un des aspects soulevés lors de la conférence : la robustesse du réseau électrique tunisien qui empêche une transition solaire et qui accable le pays dans ses choix. En 2014, la puissance installée en énergies renouvelables représente près de 7% de la puissance totale, soit 311 MW. Un constat qui a poussé les spécialistes du secteur à explorer le potentiel d’utilisation des énergies marines, de la biomasse et de valorisation des déchets. Le débat a également évoqué les orientations politiques prises par le pays depuis des décennies et qui obligent aujourd’hui le pays à chercher rapidement d’autres moyens d’approvisionnement et éviter une faillite énergétique.  La rencontre a été l’occasion de proposer des solutions de production d’énergie solaire, saines et durables. Elle a également permis de voir de plus près les perspectives à moyen et à long terme de la production et l’exportation solaire en Tunisie. Un secteur certes vierge, mais qui demandera beaucoup d’implication des décideurs afin de casser un monopole qui devient de plus en plus pesant, bloquant toute possibilité de développement.

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