K-Critic: “L’affaire 460″… Bienvenue à “MaguiLand”

L'affaire 460

►30Minutes| Kabil EL OUERGHEMMI

Bienvenue à “MaguiLand”, une ville complètement imaginée par le réalisateur Majdi Smiri, où se passent les actions de la série “Affaire 460” diffusée sur la chaîne Attessia, ayant un style et contexte original par rapport à ce qu’on a l’habitude de voir dans nos feuilletons ramadanesques … Une série qui m’a vraiment attiré beaucoup que j’ai choisi de la mettre en oeuvre cette fois-ci dans notre rubrique, alors chers lecteurs attachez vos ceintures car on va voyager et faire un retour aux année 40…

Une affaire qui tient les téléspectateurs en haleine, pleine de surprises et de rebondissements, mais aussi de points d’interrogations, avec des protagonistes mystérieux et un file d’histoire mystique qu’on peut pas le divulguer sans se concentrer et suivre même les petits détailles de cette affaire.

Lamine Haddad un homme d’affaire accusé de blanchiment et de corruption, mais lors de la déclaration de son innocence, qui a été manipulé par une jeune femme inconnue estimant qu’elle possède la preuve de son innocence, il a été tué en quittant le tribunal… tout au long de la série on suit le détective Youssef Ben Isamail, joué par Mohammed Mrad, chargé d’enquêter dans cette affaire qui plongera dans une relation d’amour et dans le monde de la politique.

Filmé entre la Russie et la Tunisie,  avec cette nouvelle réalisation, Majdi Smiri remonte dans le temps, en plaçant son histoire dans les années 40, faisant une réincarnation d’un genre de films très connu dans cette période qui est le “film noir”, un genre ou un style cinématographique, issu du genre du cinéma criminel qui prend son inspiration de la littérature policière.

Il met généralement en scène un personnage emprisonné dans des situations qui ne sont pas de son fait et acculé à des décisions désespérées. Le meurtre ou le crime, l’infidélité, la trahison, la jalousie et le fatalisme sont des thèmes privilégiés. C’est tous ce qu’on voit à travers “laffaire 460”, la femme qui trahit son mari, Laila Haddad (Nadia Bousetta) avec son avocat Melek joué par Nejib Belkadhi et qui ont décidé ensemble à mettre fin de Lamine Haddad par son assassinat. Privé de compassion et de chagrin, rien ne pourra arrêter cette femme d’atteindre son but de contrôler la fortune de son défunt mari.

on voit le détective privé de second ordre, cynique et blasé, embauché pour une enquête dont les véritables implications lui sont cachées par son commanditaire. Son enquête l’amène le plus souvent à rencontrer une femme fatale, tel est le cas de Youssef qui a fait la connaissance de Amal l’une des suspects de l’affaire, qui le manipule par avidité, causant ainsi leur perte.

On peut voir que Majdi Smiri s’est inspiré de cet genre dans l’écriture et la réalisation de cette série purement artistique, à travers les éclairages expressionnistes fortement contrastés, laissant de larges plans de l’écran dans l’obscurité un décor urbain, et des espaces restreints. En ville, on retrouve souvent le trottoir humide, comme après une pluie, les scènes nocturnes y sont nombreuses. C’est comme ci on regarde “Double Indemnity”, “The Big Sleep”, “Laura” ou “The Third Man” avec une atmosphère “Hitchcockienne”.

Dans “L’affaire 460” Majdi Smiri a mis en scène des personnages principaux complexes et ambigus, dont le passé est souvent peu reluisant, et des seconds rôles riches et autonomes. Des techniques inhabituelles dans nos séries, telles que la voix-off ou la caméra subjective.

Non seulement une très belle réalisation était un point fort pour cette série, mais aussi “L’affaire 460” a réunit  de grands noms de la télé, du cinéma et du théâtre en Tunisie comme Nejib Belkadhi, Sawsen Maalej, Nadia Boussetta, Sondos Belhassen ou encore Moez Mrabet, et de nouveaux visages tels que Sahar Abdellatif (Amal), Zouhour Chaabane (Amina) et Jamila jemi (Maya). On les retrouve tous dans un nouveau décor et un nouveau style cinématographique, qui ne laisse pas indifférent. Même si la musique de la bande annonce est celle du film “Le Labyrinthe de Pan” et qu’on aurait bien aimé qu’elle soit signée par un artiste tunisien, le décor, les costumes et le casting nous ont mis l’eau à la bouche.

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