Hend Zouari : un nouvel album aux couleurs du monde

►30Minutes| Amine Lahiba

Elle a été bercée par la musique. Elle a grandi au milieu des instruments. Aujourd’hui, Hend Zouari est en train de gravir les échelons et sort très prochainement son deuxième album, “Bledi”. Entretien avec une musicienne, “Qanûn” sur les genoux.

Qui est Hend Zouari ?

Je suis docteur en musique. Je joue du Qanûn (cithare) depuis mon plus jeune âge. J’ai pu apprendre à jouer de cet instrument grâce à mon père qui est un grand musicien. D’ailleurs, toute ma famille à Sfax (Tunisie) baigne dans la musique. Je suis passée par le conservatoire dès mes 8 ans. Mon apprentissage de la cithare s’est effectué de manière progressive dans le but de maîtriser et moderniser l’usage de cet instrument. Par la suite, j’ai fait mes gammes à l’Institut Supérieur de Musique De Sfax. De cet institut, j’ai décroché le premier prix et j’ai pu alors bénéficier d’une bourse pour entamer un master ici en France, à la Sorbonne. S’ensuit un doctorat. Et cerise sur le gâteau, un premier album, “L’envol”. Ce dernier a été bien accueilli par le public. Actuellement, je travaille sur la sortie prochaine de mon deuxième album, “Bledi”, qui sera dans les bacs le 31 mars prochain.

La musicienne Hend ZOUARI posant avec son “Qanun”

Votre deuxième album “Bledi” sortira le 31 mars et vous organiserez un concert le 11 mars pour le promouvoir. Si vous nous parlez de cet album ?

Cet album est produit par Ivan Noko mon Producteur et Manager avec Diwan Music Company. La sortie est prévue pour le 31 mars 2017 dans tous les bacs en France. Il sera disponible également en format numérique. Le concert de sortie d’album se déroulera le Samedi 11 mars 2017 à 21H, à la salle de concert du FGO BARBARA,  au 1 rue Fleury dans le 18ème arrondissement de Paris.
Pourquoi choisir ce titre “Bledi” (mon pays) ? Est-ce par nostalgie ? “Bledi” en hommage à la Tunisie ?

Pour moi, ce titre est très parlant. “Bledi” est destiné à toute personne pouvant s’y reconnaitre. Je ne parle pas uniquement de la Tunisie. Evidemment, en tant que franco-tunisienne je suis touchée par ce terme. De manière plus générale, le titre de cet album est fait pour ceux qui tiennent à leur pays.

Vous avez, certes, grandi avec un “Qanûn” entre les mains, mais vous auriez pu choisir un violon, un luth ou une guitare. Pourquoi cet instrument ?

Pour moi, la cithare est la reine des instruments. Elle bénéficie de caractéristiques que nul instrument ne possède. En l’occurrence, son timbre féerique. Le “Qanûn” est magique. J’ai également grandi avec ce son quotidiennement ; mon père en jouait avec sa troupe “Noujoum Ech-Chabeb”. Continuer sur les traces de mon papa musicien me tenait aussi à cœur. Donc mon choix a été vite fait. L’environnement dans lequel j’ai grandi m’a certainement aidée à aimer la cithare.

Vous avez fait référence à de grands poètes tunisiens dans cet album, en l’occurrence Abou el Kacem Chebbi. Un clin d’œil pour la Tunisie ?

Oui. Je pense qu’Abou el Kacem Chebbi est un poète hors du commun qui a combattu avec ses écrits et ses chefs d’œuvres. Dans mon album, j’évoque la paix, les droits de l’Homme, les droits de la Femme… et je trouve que ce poète porte ces messages en lui. C’est ma manière de lui rendre hommage. Son œuvre est reconnue dans tout le Monde Arabe. Malheureusement, en Tunisie elle n’est pas considérée à sa juste valeur. Nous lui devons beaucoup, et c’est pour cela que j’ai choisi de le mettre en avant dans “Bledi”.

Comme Abou el Kacem Chebbi, l’œuvre de beaucoup de poètes et artistes est à l’abandon. Trouvez-vous que les autorités faillent un peu à leurs missions pour soutenir la culture en Tunisie ?

Les autorités ne soutiennent pas assez les artistes, je trouve. Mais tout est relatif. Quand on dit “faillir à sa mission” il faut voir sur quel critère, quel paramètre. En tant que musicienne, compositrice et chanteuse, je continue à évoluer en France pour plusieurs raisons. En premier lieu, le terrain est beaucoup plus favorable ici et les autorités tunisiennes n’ont pas su nous le préparer. En Tunisie, les artistes manquent de financement. Et cela passe par une volonté des décideurs. Nous possédons un vivier d’artiste en Tunisie. Malheureusement, grand nombre des musiciens finissent dans les mariages. C’est dommage !

Réagir sur l'article

Veuillez saisir votre commentaire
Veuillez saisir votre nom