Débat Historique Mais Pas Magnifique

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Photo "de famille" du débat d'hier, sans Phillipe Poutou qui a décidé de la boycotter Crédit Photo : RTL

Le débat tant attendu des Français hier, mardi 4 avril 2017, sur BFM TV et CNews, a accouché d’un show politique d’une maigre consistance. Tandis que les punchlines et les attaques ont fusé de toutes parts, les téléspectateurs n’ont pas appris grand-chose sur les programmes des candidats. Entre défenses, attaques sur fond d’affaire et agacement, décryptage d’un débat historique.

►30 Minutes| Amine Lahiba

Il est 20 heures 35. Comme pour poser le décor, Philippe Poutou refuse de poser avec les autres candidats pour la photo officielle. Un geste à l’image de sa prestation tout au long de la soirée de mardi, agressif et presque « irrespectueux ». Un petit aperçu de la soirée qui attendait déjà les « grands » candidats face à des « petits » qui n’avaient rien à perdre.

En tête des sondages depuis quelques semaines, Marine Le Pen et Emmanuel Macron avaient le plus à perdre hier soir. Si le candidat d’ « En Marche » n’a pas eu l’air perturbé par la présence des 6 autres candidats, la présidente du FN a semblé, elle, effacée sur un créneau qui était le sien : l’anti-Europe. Avec pas moins de 3 candidats songeant à sortir de l’Europe, la frontiste s’est retrouvée tout de suite parmi les « petits ». Et cela l’a beaucoup desservi.

Pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon ont pu démontrer leurs talents respectifs, le premier est un grand orateur, le deuxième est d’un calme presque consternant.

Le chômage et l’Europe déclenchent les attaques

Alors que la présentation des candidats se déroule sans encombre, la question du chômage galopant libère quelques candidats jusqu’ici discrets, notamment François Asselineau et son patriotisme. A coup d’articles de la Constitution Européenne, il n’hésite que peu à dézinguer les programmes de ses concurrents car « les dirigeants français ne tiennent plus les manettes ».

Et c’est à ce moment précis, que nous vivons le point d’orgue du débat avec un Philippe Poutou visiblement en verve. En s’adressant à François Fillon et en cassant le tabou qui plane sur les affaires judiciaires, le candidat NPA fustige le discours de l’ex-Premier Ministre sur l’exemplarité : « Plus on fouille, plus ou sent la corruption », lâche-t-il avant de se tourner vers Marine Le Pen et d’ajouter : « Nous, quand on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière ». Résultat ? Applaudissements du public pour la première et l’unique fois de la soirée.

Sur cette phase de « jeu », la candidate frontiste n’a pas fini d’essuyer les attaques qui sont venues cette fois de Nathalie Arthaud – accrocheuse et remontée. « Vous prônez la tolérance zéro, mais vous ne vous rendez pas à la convocation des juges », lance-t-elle à la candidate du Front national.

Terrorisme : quand le débat prend une autre tournure

La phrase choc est venue sans surprise de Marine Le Pen qui compare la France à « une université du djihad » s’attirant les foudres d’un Benoit Hamon jusqu’ici pédagogue. « Daech, ça vous arrange Madame Le Pen. Ça vous fait prospérer », ironise-t-il.

En continuant son argumentaire et sa vision protectionniste d’une France de tradition chrétienne, c’est un autre candidat qui s’agace. Jean-Luc Mélenchon monte rapidement au créneau pour rappeler à Marine Le Pen les « 60% des Français qui n’ont pas de religion ».

En somme, les lignes de conduite connues au préalable sont respectées. Les candidats hostiles à la puissance de l’argent sont majoritaires. Les favoris, les 5 « grands », ont joué gros hier. Et si on devait désigner un gagnant, le choix se porterait sur Emmanuel Macron qui, malgré sa posture un peu en retrait, présente un programme cohérent.
Hormis toutes les punchlines, et côté programmes, circulez, il n’y a vraiment rien à signaler.

 

 

 

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