Antisémitisme en France: 34 % des Juifs se sentent Menacés

CP: AFP

Alors que le 75e anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz approche, une étude publiée mardi souligne l’importance de l’antisémitisme en France, où 34 % des juifs se sentent menacés.

Le constat est accablant. Alors que seulement 8 % de la population française se sent souvent ou de temps en temps menacé, 34 % des Français de confession juive ont ce sentiment, selon une enquête de l’Ifop réalisée pour la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) et l’American Jewish Committee (AJC), publiée mardi 21 janvier.
Ce ressenti est confirmé par le vécu des personnes interrogées – 70 % des juifs disent avoir été victimes d’au moins un acte antisémite au cours de leur vie, selon l’étude –, mais aussi par les chiffres du ministère de l’Intérieur. Le nombre de faits à caractère antisémite a ainsi fortement augmenté en 2018, passant de 311 faits en 2017 à 541 faits en 2018, “soit une augmentation de 74 %”, souligne le rapport du ministère. “C’est un tableau tout à fait sinistre que nous décrivons avec cette étude”, affirme Dominique Reynié, président de Fondapol, interrogé par France 24, qui souligne notamment comment les juifs ont appris à vivre avec cette menace.

Le sentiment de menace est encore plus fréquent chez les plus jeunes. Les 18-24 ans sont 84 % à faire état d’au moins un acte antisémite subi, 79 % à déclarer avoir été victime d’une agression verbale et 39 % à faire état d’une agression physique.

“C’est très net parce que les agressions verbales antisémites, pour 54 %, se passent dans les établissements scolaires et universités, tout comme 26 % des agressions physiques”, détaille Dominique Reynié.

Les préjugés sur les juifs apparaissent aux yeux du grand public comme étant la principale cause de l’antisémitisme en France (58 %), devant l’islamisme (36 %). Mais pour 45 % des juifs interrogés par l’Ifop, c’est l’islamisme qui est la première cause de l’antisémitisme, devant les préjugés (42 %), les idées d’extrême droite (26 %) et les idées d’extrême gauche (23 %). “Sur ce point, nous observons une divergence importante avec le grand public qui identifie bien davantage les idées d’extrême droite que les idées d’extrême gauche comme cause de l’antisémitisme (30 % contre 9 %)”, souligne l’étude.

Mais pour les auteurs de l’étude, c’est ce qu’ils appellent “le nouvel antisémitisme”, lié à l’islamisme et issu de l’importation en France du conflit israélo-palestinien, particulièrement présent selon eux dans les quartiers populaires et au sein des populations arabo-musulmanes, qui est à l’origine de la forte croissance des actes antisémites.

(AFP)

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